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Cette rubrique à pour but de relater des histoires vécues par des plongeurs utilisant les ressources du TEK (voir S'équiper) pour explorer le monde sub-aquatique (épaves, grottes, ou autres !).
Si vous avez une "histoire vécue" à raconter mettant en lumière l’intérêt de la plongée TEK (redondance, déco améliorée, etc...) nous serons heureux de la publier ici.
Aujourd'hui Philippe Brunet (AVENS, Plongée Scientifique Université Pierre et Marie Curie) nous raconte une exploration du réseau des grottes de Saint Marcel d’Ardèche. Vous aurez même le droit au plan du réseau!. |
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L’ARDECHE NOYEE
GROTTE DE SAINT MARCEL
BIDON, ARDÈCHE
Philippe Brunet, AVENS, AS Paris 6
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LES OBJECTIFS
Le réseau des grottes de Saint Marcel d’Ardèche est l’un des plus grand de France (46 km en 2003). Son exploration a débuté il y a plus d’un siècle par les grandes galeries du réseau 1, dont une partie est aujourd’hui aménagée. Depuis, et en particulier dans les années 1970, de nombreuses découvertes permirent de connaître les réseaux 2, 3 et 4. En plusieurs points, parfois très éloignés les uns des autres, l’eau était atteinte sans que le niveau noyé ne soit connu. Les mises en charges et les décrues à priori peu cohérentes laissaient imaginer une structure complexe avec une alimentation multiple provenant de l’Ardèche et par plusieurs origines, des plateaux de Gras. Depuis 1994, les explorations du projet Saint Marcel ont porté sur le réseau noyé. Les premières et topographies réalisées en siphon et post siphon à cette occasion dans le système « Saint Marcel, source du Bateau et perte de la Cadière » représentent près de 15 km. Les terminus Cadière, Bateau et P70 de St Marcel sont à moins de 500 mètres les uns des autres, les jonctions restent à faire.
L’EQUIPE
Tous les membres du projet sont des plongeurs spéléologues issus de plusieurs clubs de plongée et de spéléo réunis autour de Philippe Brunet (AVENS, Plongée Scientifique Université Pierre et Marie Curie).
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Frédéric Bonacossa,
Rémi Boisson,
Christophe Depin,
Anne Dutheillet,
Philippe Imbert,
Stéphane Cazies,
Fred Roux
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| Des spéléologues locaux nous ont aidé pour les portages, tout au long de l’été. |
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ORGANISATION
Les participants au projet étant de jeunes adultes, nous avons pris le parti d’associer nos familles à ce projet. Il faut donc gérer en parallèle aux explorations, la présence de 5 enfant de 2 à 5 ans. 2 des 3 mamans étant spéléologues, le baby sitting des enfants a été organisé en commun afin de libérer les parents pour les explorations.
Le projet a eu lieu ltout au long de l’année 2004, en particulier en avril, mai, les 3 premières semaines de juillet puis les dernières semaines d’août, la première semaine de septembre et lors des vacances de la Toussaint.
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Le camp de base était établi à Bidon, dans une maison ancienne qui nous permet de stocker le matériel dans le sous sol et d’y préparer les plongées.
RESULTATS
Les explorations concernent le réseau 5 ou réseau noyé de Saint Marcel. Ce réseau noyé est l’un des plus important au niveau européen. Les plongées se sont concentrées sur le réseau N6 situé à l’Est du réseau et qui semble un regard sur une partie souterraine de la rivière de Saint Marcel. Ces plongées effectuées en fond de gouffres nécessitent à chaque fois des portages de plusieurs heures réalisés par 6 à 8 spéléos.
Les explorations ont permis de topographier 1803 m de galeries dont 933 mètres de première dans le réseau 5 de Saint Marcel.
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Les explorations, au delà de l’aspect sportif d’une telle aventure, apportent aux élus locaux et aux habitants une connaissance indispensable pour mieux maîtriser les alimentations en eau potable. Ce point est particulièrement important compte tenu du déficit en eau alarmant que connaît la région à la fin de l’été. Nos travaux se sont faits en concertation avec le SIGARN, syndicat gérant la Réserve Naturelle des Gorges de l’Ardèche. La mairie de Bidon, commune où se situe la plus grande part de la cavité et la mairie de Saint Marcel propriétaire de la grotte ont été informés des résultats et recevront le rapport de nos études.
Le public n’est pas oublié puisqu’une conférence et un diaporama ont déjà eu lieu et sont disponibles dans le cadre des activité de la commission.
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Amont du N6
Ce siphon est atteint en entrant par l'Aven DESPEYSSE puis au tiers de la traversée vers l'entrée naturelle, en bifurquant sur le N6. 80 m de puits et un ramping de 80 m de long aboutissent sur une rivière exondée de 95 m
L'amont s’avère plongé sur 338 m bien que réputé vierge. Nous allons jusqu’à 416 m, arrêt à -38 m, soit 78 m au delà de la plongée précédente. Le vieux fil est déchiqueté, les étiquettes flottantes sont rassemblées par paquet de 5 ou 6 lorsque sur des angles de la paroi.
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Siphon aval du N6.
Nous avions déjà plongé le début de ce siphon en 1998 sur 200 m. Lors de la première plongée de cette été, un détendeur et un manomètre se déclarent forfait au départ de la plongé. Il faut abandonner le relais.
Le vieux fil précédent est cassé par les crues et les étiquettes sont parties. Le fil d’Ariane doit donc être remplacé dans le début du siphon. A l’extrémité du fil, l’escalade qui avait arrêtée le plongeur précédent en 1995 (« escalade en mixte à prévoir ») est franchie. Une faille déchiquetée de 15 m de long redonne sur le siphon
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Les bouteilles se vident et le nouveau terminus est atteint après 300 m de première, à 680 mètres du départ pour une profondeur de - 22 m. Au retour la topographie des 600 m de galeries est faite et le vieux fil est nettoyé
Lors de la deuxième plongée du siphon aval du N6, 3 spéléos manquent pour le portage. Les rescapés doivent se partager le matériel. Tout le monde portera des kits lourds! Anne serre les dents, elle était juste venu pour nous accompagner. L’accès se fait lentement mais tout le monde arrive à bon port
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L’habillement se fait sous les flashs des photographes. Un relais 7 litres est utilisé jusqu'au franchissement de la faille exondée. Un bi 10 litres 230 bars est prévu pour la suite. Le terminus du 3 juillet est atteint en 17 minutes. Une bonne surprise attend Philippe, le siphon remonte à 15 m ce qui augmente l’autonomie. Un peu plus loin, la galerie redescend puis oscille avant de se décider à s'enfoncer par des puits successifs. La galerie ovale de 4 m de large pour 3 m de haut dans une belle roche claire, ressemble fortement à celle que Philippe a exploré de 1995 à 1997 par le réseau A. (Le terminus était à 700 m dont 400 mètres à - 57, la fin étant dans un puits à 31m)
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La jonction est faite après 258 m de première à 938 m du départ, là où notre topographie le prévoyait. La rivière de Saint Marcel entre le N6 et le regard affluent du réseau A fait 1625 m, du N6 jusqu'à la suite exondée vers la rivière de Bidon, la rivière mesure 1845 m
Au retour, 177 m de topo sont levées sur un affluent amont, la pongée a durée 2 h 40
La réussite de la plongée fait passer l’épreuve du retour qui débute péniblement. Lors du franchissement de la vire en haut du puits, un mousqueton de portage s’ouvre sur un passage de fractionnement. Une bouteille fait une chute de 40 m dans le puits. Le bruit est impressionnant mais il n’y a pas de dégâts graves. La suite sera plus calme mais longue. Malgré l’été la nuit est tombée depuis longtemps et il est temps de retrouver les enfants. TPST 13 heures.
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L'amont de la rivière de la cadière est situé à l'ouest du réseau 5. L’accès se fait par le réseau 3 puis par le P70, avant d’atteindre la Rivière des Gras. Le siphon 1 (258 m, 18) doit être rééquipé car le fil a totalement disparu sous des dunes de sables. La rivière exondée de 248 m qui fait suite (h 8 m x l 6 m) est toujours aussi vaseuse. 100 m sont rajoutés dans le S2, arrêt sur autonomie à 378 m de l'entrée du S2. Plongée compliquée par la turbidité de l'eau et l'aspect déchiqueté de la galerie (lame de corrosion, cloche de dissolution, hauteur de 5 à 6 mètres avec sans doute des arrivées = eau froide)
Dans le réseau PHILIPPE, au sud de la galerie des captures, 200 m de galeries post siphon viennent compléter le réseau. L’arrêt se fait sur rien, seule l’heure signe le retour, la suite est toujours devant!
Dans la grotte Deloly, qui est le deuxième accès naturel au réseau de Saint Marcel, jonctionné en mai 2003, 50 mètres supplémentaires ont été toporaphiés dans les premiers 100m. Ce diverticule en rive gauche présente un magnifique exemple de chenaux de voûte
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A la fin de l’été, les enfants ont pu se promener dans les 800 premiers mètres de la grotte pour découvrir la passion des parents.
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Le siphon du N17
Lors des vacances de la toussaint, nous nous sommes attaqués à l’Est du réseau
Le siphon de 400 m a été topographié ainsi que la galerie qui lui fait suite. Après 200 m de galerie à taille humaine, une escalade redonne accès à la suite du réseau 2. La galerie retrouve des dimensions impressionnantes (10 m par 5 m)
Les pluies importantes qui ont sévi à cette époque sur l’Ardèche ont provoquées un spectacle magnifique avec des cascades cristallines dans l’ensemble du réseau
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Conclusions
Le réseau de Saint Marcel totalise maintenant environ 48000 m au début novembre dont 18 000 m pour le réseau noyé, découvert dans le cadre de ce projet
Ces explorations débutées en 1994 font parties d’un projet plus général d’étude du canyon de l’Ardèche et comprend des plongées dans plusieurs autres sources (Dragonière, Castor,…) et des recherches dans des grottes du plateau. Un article de synthèse sur le réseau 5 (ou noyé) de Saint Marcel est en cours pour Spélunca)
Nous remercions la commission Ile de France de plongée souterraine de la FFESSM pour l’aide financière qui nous a été accordée.
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Projet Saint Marcel, Philippe Brunet, 21 rue Louis Fablet, 94200 Ivry sur Seine
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